juin 7 2013
Du Havre à Rouen sur Pen Duick VI.
Il y a 40 ans que je rêve de monter sur Pen Duick VI. Oui oui, 40 ans ! Je suivais les démâtages d’Eric Tabarly dans la première course autour du monde en équipage en 1973 et j’étais désolé pour tous ces malheurs qui arrivaient à mon bateau fétiche! Mon papa m’avait emmené voir le film « Le Grand Océan » relatant les aventures et malheurs de « 33 Export » au cours de cette même course. Plus près de nous, il y a 20-25 ans, il était possible d’embarquer sur Pen Duick VI moyennant finances pour traverser l’atlantique, l’aventure m’avait tentée mais j’en étais resté au stade du vague projet, pour ne pas dire du rêve…
Le rêve a pris des allures de réalité cette semaine où j’ai eu la chance et le privilège de monter à bord de ce voilier mythique pour remonter la Seine du Havre à Rouen à l’occasion de l’Armada 2013. Je tiens à remercier très chaleureusement la Ville du Havre pour m’avoir offert cette opportunité de réaliser ce rêve. Mettre le pied sur Pen Duick VI a été pour moi un très très grand moment ! (une dédicace spéciale pour Tiphaine Le Grand pour sa communication impeccable sur le sujet).
Rendez-vous était pris le mercredi soir, 22h30 pour une courte nuit sur le VI afin d’appareiller le jeudi matin à 4h00 et profiter ainsi de la marée montante et remonter la Seine un peu plus facilement. Le départ de nuit, avec les 5 Pen Duick rassemblés en meute silencieuse, a mis fin à cette nuit magique…
L’itinéraire ne laisse que peu de surprise, Pen Duick VI, avec son tirant d’eau de 3,40 m n’a pas pu « couper » comme ses frères pour remonter la Seine et nous avons du faire un détour comme le montre la carte ci-dessous. Le reste de la navigation s’est effectué à vue des autres Pen Duick, le VI restant apparemment le maître de la troupe. Nous avons hissé la Grand Voile et l’artimon à peu près vers la moitié du parcours. Lors de cette remontée, nous avons été doublés par des tas d’autres très grands navires attirés par l’Armada qui se préparait. La popularité des Pen Duick fait plaisir à constater car nous avons été véritablement des stars sur tout le parcours! Et moi j’étais dessus, heureux comme un gosse, à presque 50 ans, à respirer le Pen Duick VI… On m’a certifié que l’artimon était d’origine … J’imaginais toutes ces mains célèbres s’appuyant sur CE mat, passage obligé pour se rendre à l’intérieur du bateau… Toutes ces mains et aussi la mienne, le sentiment très fort d’avoir réalisé l’inaccessible, plus fort que la réalisation d’un fantasme, une explosion de joie intérieure impossible à décrire tellement CE bateau représentait pour moi…et représente toujours! Un environnement très spartiate (le VI est apparemment dans sa configuration course 1973 ou presque et tant mieux…) C’est le type de confort que l’on apprécie uniquement quand il y a 50 noeuds de vent avec de la grêle dehors…Mais que ce bateau est chargé de symboles !
C’est sûr, Pen Duick VI, je reviendrai t’aimer…


































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